📄 La gouvernance des associations en pratique avec Le Mouvement associatif
Depuis plusieurs années maintenant, Le Mouvement associatif s’intéresse à la question essentielle de la gouvernance.
Des études menées en 2010 et en 2014
Réalisée en 2010 en partenariat avec une équipe de chercheurs du CNAM et de l’IAE de l’Université Panthéon Sorbonne, une enquête a mis en évidence le rôle politique et centré sur un projet collectif des instances associatives (CA, bureau, AG) lorsque, dans les entreprises privées lucratives, leur rôle se résume souvent à une fonction de contrôle, de suivi et d’évaluation.
Les résultats ont aussi souligné le sentiment d’appartenance fort des membres de ces instances à l’association, le rôle structurant des valeurs partagées. Les conclusions de ce premier travail ont
permis d’affirmer des fondamentaux du monde associatif.
Mais elles ont aussi laissé dans l’ombre des aspects moins clairement institutionnalisés, plus informels, de la gouvernance. Raison pour laquelle le travail a été complété en 2014 par une étude davantage orientée sur le qualitatif.
Les principales formes de gouvernance associative
Ces travaux font apparaître l’existence de quatre formes de gouvernance associative :
- La gouvernance militante car elle repose sur des adhérents engagés dans un projet de transformation sociétale et à ce titre privilégie une posture d’interpellation dans l’action publique que doivent nourrir l’observation et l’analyse des situations rencontrées par les équipes
- La gouvernance professionnalisée qui se construit à la conjonction de nécessités internes et d’influences externes, place les acteurs professionnels au cœur des dispositifs de délibération et valorise leur expertise
- La gouvernance resserrée qui s’incarne dans une ou plusieurs personnes omniprésentes et charismatiques
- La gouvernance externalisée où l’implication des parties prenantes externes (donateurs et donatrices, partenaires financiers, bénéficiaires) domine
Ce que cette étude donne aussi à voir est la cohérence interne à chacun de ces types et à leurs variantes. Si on retrouve les mêmes éléments structurels, tant du côté des acteurs (administrateurs, salariés ; bénévoles, professionnels) que du côté de l’organisation (assemblée générale, conseil d’administration, bureau, direction, commissions) ils sont articulés différemment et valorisent
certaines réalités et dimensions plutôt que d’autres.
L’importance de la dynamique collective informelle
La diversité des acteurs quant à leurs fonctions, rencontrés au cours de l’enquête, montre que la gouvernance ne se réduit pas aux instances formelles et que tous se disent concernés et souvent participant aux délibérations relatives au projet, à l’orientation de l’association. Alors que la plupart des écrits consacrés à cette thématique questionnent les instances dirigeantes décisionnelles,
ici, ce dont témoignent les personnes rencontrées, c’est que tout ne se passe pas dans ces lieux du pouvoir. Il s’agit bien d’une dynamique collective soutenue par la vitalité d’une diversité de lieux où les adhérents, professionnels voire destinataires de l’action s’informent, débattent et forgent une représentation de l’action qui va alimenter les instances formelles de la décision. Ces associations entendent ainsi réduire le risque d’une distanciation, voire d’un clivage entre les acteurs de terrain et les dirigeants et prévenir l’élitisme, l’oligarchie que l’on peut observer parfois. Le souci du renouvellement des instances dirigeantes participe de cette option.
Différents constats
L’étude a mis en exergue également 3 tendances :
- Les instances associatives sont avant tout politiques centrées sur le projet collectif fédérateur
- L’adhésion à des valeurs et l’appartenance identitaire sont des ressorts centraux de l’agir associatif
- Le potentiel démocratique des associations doit être réinscrit dans des pratiques innovantes